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Ne te presse pas d’ouvrir la bouche…

« Les cris d’aujourd’hui sont tels que je n’entends pas les échos d’hier qui s’amenuisent, et que je n’écoute pas les murmures faibles et éloignés de demain. » (traduit librement d’un poème de R. Frost – Stopping by Woods on a Snowy Evening)

J’oublie ce que j’ai promis, juste parce que je suis en train de gérer le moment présent. Alors il me reste un long chemin à parcourir avant de parvenir à tenir mes engagements.

N’avons-nous pas tous fait des promesses ? Quelles promesses tenons-nous et lesquelles mettons-nous de côté ? Quelles promesses sont sacrées, ne peuvent jamais être brisées, et quelles sont celles au sujet desquelles on se demande si elles sont encore vraiment valables ? Mettrions-nous un point d’honneur à tenir les promesses que nous avons faites à d’autres personnes de préférence à toutes autres ? Imaginez que vous promettiez d’aller chercher le gamin de quelqu’un d’autre à l’école à la fin de la journée et que vous oubliiez de le faire. Dans quel état seriez-vous !

La Parole nous met en garde : « Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu » (Ec 5). Oubliant même les promesses que nous nous faisons à nous-mêmes, que faisons-nous de celles que nous avons adressées à Dieu ?

Les cris d’aujourd’hui sont si forts que nous ne recevons pas les échos d’hier, et que nous n’écoutons pas non plus les murmures faibles de demain.

Mais il faut savoir que nous avons des promesses à tenir avant que nous dormions, comme dit le poète, avant que nous mourrions.

Un exemple particulier de promesse non tenue et finalement tenue est celle de la succession de David (1 Rois 1). Le trône promis à Salomon mais convoité par Adonias. Il a fallu l’intervention de Bethsabée pour que David, lors de ses derniers instants, revienne à sa promesse faite bien des années auparavant.

Nous sommes jeunes, nous pensons que nous pouvons tout faire. Puis nous vieillissons – nous ne sommes pas nécessairement plus sages, juste plus âgés – et nos premières promesses sont mises de côté par les exigences de ce que nous appelons le monde réel. Comprenez-vous de quoi il s’agit ? Connaissez-vous des rêves qui ont échoué et des promesses non tenues ? Et qu’il est inévitable que nous ne parvenions pas à faire ce que nous avons promis de faire si nous n’y prenons garde ?

David a oublié sa promesse de faire roi Salomon – trop de choses à gérer à ce moment là de sa vie. Il nous arrive aussi d’oublier nos promesses, même celles faites à Dieu… Fort heureusement, d’autres peuvent nous les rappeler. Pour David, Bethsabée, puis Nathan.

Merci Dieu pour tous les Nathan qui nous rappellent nos engagements, car sans eux le tumulte de nos vies serait si fort que nous ne serions pas capables d’entendre les échos d’hier qui s’évanouissent, et que nous n’écouterions pas les murmures faibles et éloignés de demain.

Il est intéressant de noter cette dernière prière de David : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui a placé aujourd’hui quelqu’un sur mon trône et qui a permis que mes yeux le voient ! »

Courte prière et grande prière tout à la fois. La grâce de Dieu est étonnante ! Le guerrier fatigué qui n’aurait pu connaître à la fin de sa vie que des rêves brisés et des déceptions profondes, le guerrier David arrive maintenant à la fin de la route avec bonheur. Il y a du contentement à tenir ses promesses. Il n’est pas si tard que nous pensons pour que nous tenions les nôtres. De sorte que nous sommes encore en capacité de louer le Seigneur en regardant l’effet de nos promesses.

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