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Le juste vivra par la foi

Résumé : Habaquq questionne le jugement de Dieu. Quand Dieu va-t-il intervenir et comment peut-il utiliser des Chaldéens, des étrangers comme instrument de son jugement ? Telles sont les questions d’Habaquq dans les deux premiers chapitres de son livre. La lecture du chapitre 3 nous amène à nous demander comment Habaquq est passé de la discussion au chant bien qu’il ait encore des questions sans réponse et des problèmes non résolus. Eh bien, même si Dieu n’a pas mis tous les morceaux du puzzle en place pour Habaquq, Dieu lui a permis de voir la grande image grâce à une promesse enregistrée en 2.4 : « les justes vivront par sa foi ».
De sorte que le constat funeste établi par le prophète en 3.17 : « … le figuier ne bourgeonnera plus, et il n’y aura plus de raisins dans les vignes, le fruit de l’olivier trompera les espoirs, les champs ne produiront plus de pain à manger. » ne détruit pas l’espérance de l’homme de Dieu.
La vraie joie est à la portée de tous, même de ceux dépouillés de biens matériels. Dans les circonstances les plus négatives, plutôt que de se plaindre ou de discuter ou d’interroger Dieu sur sa manière de gouverner le monde et notre vie, pourquoi ne pas, comme Habaquq, remercier Dieu pour sa fidélité et pour la vie.

 

Qui que nous soyons, quelque soit notre âge, notre environnement, notre histoire, la vie nous pose des questions. Même dans l’Eglise, nous déclarons facilement que Jésus est la réponse à tous les maux sans répondre vraiment aux questions qui nous sont posées. Parce que ces questions ouvrent des gouffres dans nos personnalités, nos modes de vie et même notre foi. Réjouissons-nous tout de même car nous sommes libres de soumettre nos interrogations à Dieu – toutes nos interrogations. Cependant Dieu est libre de refuser de répondre à nos questions. Et si Dieu ne veut pas répondre à nos questions, « il nous reste » à nous rapprocher de lui, lui faire confiance et lui obéir.

La prophétie d’Habaquq est unique. La plupart des prophètes parlent aux gens de la part de Dieu. Habaquq quant à lui parle à Dieu en faveur du peuple. Comme Job, il interroge Dieu, le remet en question. Job questionne Dieu en raison d’un mal qui l’atteint personnellement. Habaquq interroge Dieu en raison d’un mal qui atteint la nation. Au début du chapitre 1, il veut savoir combien de temps Dieu va attendre sans intervenir alors que le peuple est soumis à la violence. Dieu répond. Il soulèverait les Chaldéens – des étrangers, des païens – qui envahiraient Jérusalem et conduiraient ses habitants en captivité. Habaquq demandant quand aurait lieu le jugement de Dieu, reçoit là sa réponse. Mais dans la suite du récit (1.12-2.1), le prophète interroge : comment Dieu peut-il utiliser des Chaldéens, des étrangers comme instrument de jugement ? Le dialogue controversé se termine sur ces entrefaites, les questions du prophète restant essentiellement sans réponse.

Maintenant la question est de savoir comment Habaquq est passé de la discussion des chapitres 1 et 2 au chant du chapitre 3, bien que toutes ses interrogations ne soient pas encore satisfaites. Nous pouvons penser que même si Habaquq ne voient pas tous les détails des événements, Dieu lui a permis de voir la grande image grâce à une promesse enregistrée dans la dernière ligne de Habaquq 2.4 : « les justes vivront par la foi ». Cette promesse est le point principal de la prophétie d’Habaquq. Et c’est aussi le thème majeur de la Bible tout entière. La doctrine de la justification par la foi seule présentée notamment en Romains 5 est déjà présente dans le livre d’Habaquq. La justification est l’enseignement central du Nouveau Testament, qui affirme que les pécheurs sont sauvés de la colère de Dieu par la foi qu’ils placent dans le Seigneur Jésus-Christ. Cette doctrine essentielle du Nouveau Testament est succinctement énoncée dans cette promesse de l’Ancien Testament : « Les justes vivront par la foi ». Habaquq se contentait de vivre avec des questions sans réponse, parce qu’il avait cette assurance : sa foi honore Dieu, et Dieu va honorer sa foi. A cause de cette assurance, le livre qui s’ouvre sur un ton miséreux se ferme sur un hymne de foi, une des plus fortes affirmations de la foi dans les Écritures. Et il nous décrit la dynamique de la foi vivante…

On croit trop vite que la foi est une force, que ceux qui utilisent la force de la foi peuvent tracer leur chemin avec Dieu, que la foi garantit des circonstances favorables. Mais Habaquq nous éloigne de ce mythe et nous donne une compréhension réaliste de la foi authentique. Le verset 17 dit :
« …le figuier ne bourgeonnera plus,
et il n’y aura plus de raisins dans les vignes,
le fruit de l’olivier trompera les espoirs,
les champs ne produiront plus de pain à manger.
Les moutons et les chèvres disparaîtront de leurs enclos,
et les bovins de leurs étables. »
Habaquq a la vision de la dévastation économique totale consécutive à l’invasion des étrangers. Pourtant, il chante ces mots comme une déclaration de foi, non comme une expression de doute.
Regardez Abraham conduit à sacrifier son fils, Moïse en but à l’opposition de son peuple, Elie fuyant devant Jézabel, David échappant à Saül. Nous ne les considérons pas comme des personnes qui n’avaient pas assez de foi pour agir sur leur situation, nous les considérons comme des géants de la foi. Dieu n’a pas garanti que les choses vont s’arranger tout de suite et maintenant, mais notre assurance est que Dieu aura le dernier mot. Les chrétiens connaissent les mêmes affres que tout le monde, vivent sur la même planète où le péché, la maladie et la souffrance les atteignent tout autant que les autres. Mais la foi permet de faire confiance à Dieu jusque dans l’adversité.

Croyez-vous Dieu ? Si vous répondez trop vite, vous dire peut-être : « Bien sûr, je crois en Dieu. » Avez-vous remarqué qu’il est possible de dire ce qui est convenable et ne pas vivre en accord avec ses propres affirmations, ses propres croyances ? Autrement dit, mon attitude est-elle dictée par les circonstances ou par Dieu ? Les gens qui croient Dieu chantent l’hymne de foi d’Habacuc :
« … le figuier ne bourgeonnera plus,
et il n’y aura plus de raisins dans les vignes,
le fruit de l’olivier trompera les espoirs,
les champs ne produiront plus de pain à manger.
Les moutons et les chèvres disparaîtront de leurs enclos,
et les bovins de leurs étables.
Mais moi, c’est à cause de l’Eternel que je veux me réjouir,
j’exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve. »

Incroyable ! Alors que tout prête au désespoir et à la destruction, Habaquq offre des louanges à Dieu. Le prophète n’a pas dit son dernier mot, il n’a pas cédé au découragement et dit : « j’ai encore quelque chose à dire, j’ai encore quelque chose qui m’égaye, j’ai encore quelque chose qui me réjouit, j’ai encore quelque chose qui me permet d’exulter de joie ! » La joie à son plus haut niveau dans les pires circonstances. Bien sûr, il ne s’agit pas de volume, de vertige ou de sourires éclatants, mais plutôt d’enthousiasme. Le verset 18 déclare la source de la joie d’Habaquq : « je me réjouirai en l’Eternel ». Le prophète répète : «Je m’égaillerai dans le Dieu de mon salut » (Darby). Habaquq ne pouvait pas se réjouir de ses circonstances, mais il pouvait se réjouir de Dieu. C’est le secret de la vraie joie.

Venons-en aux circonstances qui gouvernent la vie. Si tout va bien dans ma vie et dans celle de mes proches, si mes projets se réalisent, j’aurai confiance en Dieu. Ainsi, les circonstances interprètent Dieu. Mais vous ne pouvez pas essayer d’acheter de la joie, ni de trouver le bonheur dans la prospérité, ni de vous sentir bien dans votre peau par le biais d’autres personnes qui finalement en ont besoin tout autant que vous. La vraie joie est à la portée de tous, même de ceux dépouillés de biens matériels, car la vraie joie se trouve en Dieu.

La ressource qui conforte la vie de la foi. Philippe Yancey a inventé une définition de la foi. Il dit que la foi est « la paranoïa en sens inverse ». Une personne paranoïaque est convaincue qu’il y a un conspiration contre elle, même si elle n’a aucune preuve réelle qui montre clairement la validité de ses peurs. Vous pouvez même lui donner des preuves qui démontrent clairement que ses peurs sont simplement imaginaires, ça n’a pas d’importance, elle pensera que ce que vous dites est la preuve que vous êtes vous-mêmes dans la conspiration. La foi fonctionne de la même manière, dit P. Yancey, mais en sens inverse. Les personnes paranoïaques sont convaincues que quelqu’un est prêt à les blesser volontairement. Les croyants sont convaincus que quelqu’un est prêt à les aider. C’est un complot de confiance. C’est la foi d’Habaquq. Si le verset 17 donne six éléments de preuve qui pourraient être utilisés pour montrer que Habaquq n’avait pas la faveur de Dieu, en 3.18-19, le prophète fait deux déclarations sur sa relation avec Dieu. Dans le verset 18, Habaquq dit que Dieu est son salut et, dans le verset 19, il dit que Dieu est sa force. Habaquq avait une bonne compréhension, une relation personnelle et une relation intime avec Dieu. Il sait que Dieu s’occupe de lui. Sa foi vivante confie à Dieu le résultat de toutes les situations. C’est pour cette raison que Habaquq, s’il envisage de perdre tout ce qui était essentiel à sa survie dans le monde agricole du Proche-Orient, peut tout de même se réjouir.

Comme Habaquq, vous pourriez bien lutter avec le calendrier ou les méthodes de Dieu. Comme tout le monde, vous avez vous-mêmes des questions sans réponse et des problèmes non résolus. Vous pourriez avoir des doutes sur la présence de Dieu au moment où des difficultés vous assaillent. Mais Dieu était là avec vous à chaque instant et à chaque étape de la route. Donc, plutôt que de vous plaindre ou de discuter ou d’interroger Dieu sur sa manière de gouverner le monde et votre vie, vous pourriez remercier Dieu pour sa fidélité. Le psalmiste affirme : « Que l’on proclame la grandeur de ce Dieu qui est mon Sauveur ! » (Ps 18.47) et encore : « Oui, l’Eternel est ma lumière et mon Sauveur : de qui aurais-je crainte ? » (Ps 27.1). L’apôtre Paul écrit : « Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie » (Phi 4.13)

Dans toutes vos circonstances, personnelles, familiales, dans le contexte de cette Eglise avec les perspectives que l’on imagine, vous pouvez faire confiance à Dieu. Ne vous contentez pas de croire en Dieu tout en vous demandant quand même s’il va faire quelque chose, mais bien plutôt, croyez Dieu dans tout ce qu’il dit :
– S’il vous dit qu’il a pour vous des projets de bonheur, ne croyez pas ou ne vous comportez pas comme si il avait pour vous des projets de malheur ou d’indifférence.
– S’il vous dit qu’avec lui, vos forces seront renouvelées, ne croyez pas ou ne vous comportez pas comme si vous étiez contraints à l’épuisement éternellement.
– S’il vous dit qu’il est votre rempart, votre refuge, ne croyez pas ou ne vous comportez pas comme si vous étiez abandonnés de tous.

Mais soyez convaincus que Dieu est prêt à vous aider, en vous rappelant ces paroles d’Habaquq : « … Moi, c’est à cause de l’Eternel que je veux me réjouir, j’exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve. » (3.18)

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